
Le rendement locatif à Monaco a longtemps occupé une place secondaire dans la stratégie des investisseurs. Dans la Principauté, l’acquisition d’un appartement répond traditionnellement à une logique de préservation du capital, de stabilité et de constitution d’un patrimoine immobilier rare, davantage qu’à la recherche d’un rendement immédiat comparable à celui d’autres marchés européens. Cette hiérarchie évolue néanmoins. La rareté persistante de l’offre, la transformation du parc résidentiel et les besoins d’une clientèle internationale contribuent à renforcer l’intérêt porté aux revenus locatifs.
Pour évaluer correctement un investissement immobilier à Monaco, il convient toutefois de ne pas isoler le loyer du reste de la performance. Le rendement doit être apprécié dans sa globalité, en tenant compte du prix d’acquisition, des charges, de la demande locative et du potentiel de valorisation du bien à long terme.
Le rendement locatif brut correspond au rapport entre le montant annuel des loyers et le prix total d’acquisition du bien.
Il peut être calculé selon la formule suivante : Rendement brut = loyer annuel ÷ prix d’acquisition × 100. Ce calcul constitue une première indication, mais il ne suffit pas à mesurer la rentabilité réelle d’un investissement. Il convient également d’intégrer : les charges de copropriété supportées par le propriétaire ; les frais d’entretien et de remise en état ; les périodes éventuelles de vacance locative ; les frais de gestion ; les coûts d’acquisition ; la fiscalité applicable à la situation personnelle du propriétaire ; le potentiel de valorisation du bien.
Dans l’immobilier de prestige à Monaco, la performance doit donc être évaluée à partir du rendement global, et non du seul rendement locatif brut.
La Principauté compte un peu plus de deux millions de mètres carrés de surfaces d’habitation sur un territoire inférieur à deux kilomètres carrés. Cette contrainte géographique limite mécaniquement les possibilités de construction et rend chaque nouvelle livraison particulièrement significative.
Selon l’Observatoire de l’Immobilier 2025 publié par l’Institut Monégasque de la Statistique et des Études Économiques, 103 logements neufs ont été achevés en 2025, principalement dans les quartiers de La Rousse et des Moneghetti. Cette livraison intervient après une année 2023 sans nouvel appartement livré. L’offre neuve évolue ainsi par vagues irrégulières, tandis que la demande demeure soutenue par une clientèle internationale recherchant une résidence principale, un pied-à-terre ou une implantation durable à Monaco.
Cette tension contribue à soutenir le parc locatif existant. Elle ne produit cependant pas les mêmes effets sur tous les biens. La qualité de la résidence, la superficie, l’étage, la vue, la terrasse, le stationnement et les services proposés influencent directement le niveau de loyer et la rapidité de relocation.
Les données de l’IMSEE montrent également une évolution du marché vers les appartements familiaux et les grandes surfaces. En 2025, plus de huit ventes sur dix auraient concerné des logements de quatre pièces ou davantage. Cette proportion, particulièrement élevée, traduit l’importance croissante des biens destinés à une occupation résidentielle durable.
Cette évolution se retrouve sur le marché locatif. Les familles internationales recherchent des appartements offrant plusieurs chambres, des espaces extérieurs, des prestations contemporaines et une proximité avec les établissements scolaires, les commerces et les principaux pôles d’activité de la Principauté.
Les grandes surfaces peuvent donc bénéficier d’une demande locative solide. Leur rendement doit cependant être rapproché d’un prix d’acquisition souvent très élevé et de charges de copropriété potentiellement importantes dans les résidences proposant de nombreux services.
Il n’existe pas un rendement locatif unique à Monaco. Chaque quartier possède sa propre structure de prix, son type de demande et son potentiel patrimonial.
D’après les estimations publiées par l’IMSEE pour 2025, les prix au mètre carré présentent des écarts significatifs. Le Larvotto se distingue par le niveau de valorisation le plus élevé avec un prix au mètre carré de 71 167€. Dans ce secteur, la proximité de la mer, les résidences récentes et la rareté des biens orientent généralement l’acquisition vers une logique patrimoniale. Le prix d’entrée peut comprimer le rendement locatif brut, tout en offrant une exposition à des adresses particulièrement recherchées.
À l’inverse, le Jardin Exotique et Les Moneghetti présentent des valeurs d’acquisition plus mesurées autour de 43 000€-45 000€. Selon le type d’appartement et le loyer réalisable, ces quartiers peuvent proposer un équilibre différent entre ticket d’entrée, revenus locatifs et potentiel de valorisation.
Monte-Carlo,Fontvieille, La Condamine et La Rousse occupent une position intermédiaire. La qualité du rendement y dépend fortement de la micro-localisation, de l’état de la résidence et de la typologie du bien.
Les chiffres de l’IMSEE soulignent aussi l’écart de valorisation entre les constructions récentes et les immeubles anciens. En 2025, le prix estimé au mètre carré des constructions les plus récentes atteindrait 65 602 €, contre 42 142 € pour les immeubles antérieurs à 1940.
Cette différence ne signifie pas nécessairement qu’un immeuble récent offre toujours le meilleur investissement. Une résidence contemporaine peut bénéficier de prestations recherchées : conciergerie, sécurité, stationnement, espaces de bien-être et performance technique. Ces services peuvent soutenir le niveau des loyers, mais génèrent également des charges plus élevées. Un immeuble ancien bien situé peut, à l’inverse, présenter un prix d’entrée plus accessible ou des volumes particulièrement recherchés. Son potentiel dépendra toutefois de son état, de la qualité de sa copropriété et des travaux à prévoir.
Le rendement doit donc être analysé à l’échelle du bien et de la résidence, et non uniquement à partir de l’année de construction.
Réduire l’investissement immobilier à Monaco à son rendement locatif serait incomplet. Selon l’Observatoire de l’Immobilier 2025, la valeur totale des reventes aurait progressé de 49,1 % en un an pour atteindre 3,2 milliards d’euros. Le prix moyen d’une revente se serait établi à 7,6 millions d’euros, en hausse de 26,8 %.
Ces évolutions doivent être interprétées avec prudence, car le marché monégasque repose sur un nombre limité de transactions. Quelques ventes portant sur des biens exceptionnels peuvent influencer fortement les moyennes annuelles. Elles illustrent néanmoins le rôle central de la valorisation du capital dans la stratégie des investisseurs. Sur une période de détention longue, la rareté de l’adresse, la qualité de l’immeuble et la capacité du bien à conserver sa désirabilité peuvent représenter une composante essentielle de la performance.
L’objectif consiste donc à identifier un appartement capable de produire un revenu régulier tout en conservant un potentiel de revente cohérent.
Monaco ne prélève pas de taxe foncière ni de taxe d’habitation selon le modèle appliqué dans plusieurs pays européens. La Principauté ne connaît pas non plus, pour la majorité de ses résidents, d’impôt général sur le revenu des personnes physiques. Le traitement des revenus locatifs dépend toutefois de la résidence fiscale du propriétaire, de sa nationalité, de la structure utilisée pour détenir le bien et des règles applicables dans son pays d’imposition.
Les ressortissants ou résidents fiscaux français et américains peuvent notamment être soumis à des obligations particulières. Il est donc indispensable de solliciter un conseil fiscal adapté avant de mesurer le rendement net d’un investissement immobilier à Monaco.
Le choix du quartier dépend de l’objectif de l’acquéreur. Un investisseur recherchant avant tout une adresse patrimoniale et une rareté maximale pourra privilégier le Larvotto, le Carré d’Or ou certaines résidences emblématiques de Monte-Carlo.
Un acquéreur souhaitant équilibrer le prix d’entrée et le revenu locatif pourra étudier les opportunités situées au Jardin Exotique, aux Moneghetti, à La Rousse ou dans certains secteurs de La Condamine. Fontvieille peut répondre à une demande résidentielle recherchant le calme, les services de proximité et un environnement organisé autour du port et des espaces paysagers.
Dans tous les cas, la sélection ne doit pas reposer uniquement sur le quartier. Deux appartements situés à quelques mètres de distance peuvent présenter des performances très différentes selon leur étage, leur exposition, leur plan, leur état et la qualité de leur résidence.
Pour Silvio PIRAS, directeur de PIRAS Immobilier : « Le rendement locatif à Monaco ne se lit jamais isolément. Il s’apprécie dans la durée, à la croisée du loyer perçu, de la rareté du bien et de sa capacité d’appréciation. Notre rôle consiste à analyser simultanément ces dimensions afin d’orienter nos clients vers un investissement cohérent avec leurs objectifs patrimoniaux. » Cette approche suppose d’étudier les revenus envisageables, mais aussi la liquidité potentielle du bien, sa qualité architecturale, son environnement, la gestion de la copropriété et les évolutions futures du quartier.
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